Les défis de la quantification de l’ESG des grands projets d’infrastructure

Ce projet de recherche est en lien avec l’Axe 1 de recherche : SOCIÉTÉ, VALORISATION ET GOUVERNANCE.

Description du projet de recherche

Intégration des critères ESG et ses bénéfices

Les projets d’infrastructure, en tant que véhicules majeurs d’investissement, sont exposés à une multitude d’enjeux environnementaux, sociaux, éthiques et financiers. Leur ampleur et leur complexité entraînent une forte consommation de ressources, la production de déchets importants, des impacts durables sur les écosystèmes et les communautés, ainsi que des défis de coordination et de gouvernance. Ces facteurs amplifient les risques financiers, qu’il s’agisse de représailles, de contestations, d’interruptions, de litiges ou de sanctions, avec à la clé des coûts supplémentaires.

Pour mieux anticiper ces risques de durabilité, le cadre ESG vient compléter l’analyse financière en intégrant des dimensions intangibles, absentes des modèles d’évaluation traditionnels. L’intégration des critères ESG est convoitée pour ses bénéfices financiers car : 

  • Elle est associée à une réduction du profil de risque et facilite l’accès à de meilleures conditions de financement ; 
  • Elle est de plus en plus perçue comme un levier de création de valeur, notamment grâce à l’innovation verte, à l’adoption de meilleures pratiques sociales et à l’optimisation des ressources.

Des difficultés de quantification

Pour que les critères ESG puissent remplir ces fonctions, les investisseurs doivent s’appuyer sur des données ESG fiables, comparables, intégrables à leurs outils d’analyse et facilement communicables. Pourtant, ces données souffrent de manquent de standardisation, d’accessibilité et de constance. Dans les grands projets d’infrastructure, où les indicateurs de durabilité sont déjà difficiles à définir et à mesurer, l’évaluation ESG devient encore plus complexe. Ces difficultés de quantification ne se limitent toutefois pas à ce secteur : elles touchent l’ensemble des sphères d’investissement, y compris celles où l’intégration ESG est plus avancée.

Équipe de recherche

Chercheurs: 

Nathalie Drouin, titulaire de la Chaire INFRA-S.

Marie-Andrée Caron, chercheur à la Chaire INFRA-S, membre des comités de direction et scientifique.

Étudiants: 

 Capucine Gagnon, étudiante à la maîtrise en gestion de projet, profil recherche et récipiendaire de la bourse MITACS.

Partenaire:

Gestion d’infrastructure Axium.

But de la recherche

Cette recherche s’intéresse aux investisseurs institutionnels. En comprenant les défis rencontrés dans différentes classes d’actifs — qu’elles soient matures ou émergentes en matière d’ESG —, il devient possible d’identifier des leviers communs et des pistes d’amélioration qui profiteront également aux projets d’infrastructure. 

Les objectifs du projet sont :

1. Identifier et analyser les mécanismes de la quantification de l’ESG au sein de l’entreprise.

2. Identifier et comprendre les attentes des investisseurs en matière de données ESG.

3. Soutenir l’entreprise dans la compréhension des défis de la quantification de l’ESG.

Méthodologie de recherche

L’étude adopte une approche qualitative, fondée sur des entretiens semi-dirigés auprès d’experts issus de secteurs d’investissement variés, tels que l’infrastructure, l’immobilier, le capital privé, le marché boursier ou l’agriculture. 

Les investisseurs institutionnels constituent un terrain d’étude particulièrement pertinent, puisqu’ils sont à la fois producteurs et utilisateurs de données ESG. Ils répondent aux attentes et aux pressions de leurs propres investisseurs. Ils intègrent ces informations dans leurs décisions d’investissement. Cette double posture en fait des acteurs clés pour comprendre les tensions, les obstacles et les pistes de solution liés à la mesure de l’ESG.